Célébration du jour de Action de Grâce 2021

Le 11 octobre passé, nous avons célébré le jour de l’Action de grâce avec les membres de la communauté de la Maison des Prêtres à Montréal. L’archevêque de Montréal, Mgr. Christian Lépine, nous a accompagnés en prêchant la Sainte Eucharistie et en partageant un dîner avec tous les confrères. Au cours de cette célébration, nous avons rendu grâce à Dieu pour les dons et les faveurs reçus, pour la vie de tous les membres de la communauté, et nous avons élevé au ciel nos pétitions pour la Sainte Église Catholique et pour les vocations sulpiciennes.

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ».

Si 51,13 b -20
Rm 12, 1-2. 9-11
Lc 11, 27-28

Chers ami(e)s,
La fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple, célébrée en Orient depuis le VIe siècle, semble liée à la dédicace de l’église de Sainte-Marie-la-Neuve à
Jérusalem (543). Elle est devenue une des douze grandes fêtes de la liturgie byzantine ; ainsi s’exprime un lucernaire : « Après ta naissance, divine Fiancée, tu
fus présentée au Temple du Seigneur pour être élevée dans le Saint des Saints comme une Vierge sanctifiée ».

L’Église latine montra plus de réserve à l’égard de la tradition suivant laquelle, Marie, à l’âge de trois ans, aurait été présentée au Temple de Jérusalem pour y prier, servir Dieu et se préparer ainsi à sa grande vocation. Cette tradition est proposée dans l’Évangile apocryphe intitulé le Protévangile de Jacques, composé
probablement en Égypte au milieu du IIe siècle. Il s’agit de la plus longue glose sur des événements qui précèdent les récits évangéliques (d’où le nom « protévangile » ou « premier évangile »).

Cet écrit apocryphe raconte avec détails la conception de Marie, sa présentation à trois ans et son enfance au Temple, ses fiançailles à treize ans avec
Joseph – un veuf âgé – puis la naissance de Jésus. Précisons que l’on chercherait en vain une obligation particulière dans la Loi de Moïse qui justifierait la présentation d’une enfant de cet âge au Temple. Introduite en Avignon au XIVe siècle, la fête de la Présentation est reconnue par le pape Grégoire XI en 1372. Elle ne sera cependant inscrite au calendrier liturgique d’Occident qu’en 1585, par le pape Sixte V, eu égard à l’interprétation symbolique qu’on peut en donner : Marie est le modèle de l’Église, qui comme elle, se consacre au service de son Dieu par un don total de tout son être. La Vierge est aussi le véritable Temple où Dieu établira sa demeure au moment de l’Annonciation, préfigurant ainsi la Jérusalem céleste, dont l’Agneau qui demeure en son milieu, est l’unique flambeau (Ap 21,23).

Cette fête établit ainsi un lien entre le Temple ancien de pierre, et l’Arche de la Nouvelle Alliance, le sein très pur de la Vierge, sur laquelle descendra bientôt la
shekinah, la gloire du Dieu vivant. Prolongeant notre méditation à la lumière de l’enseignement de Saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Co 3,16), il apparaît juste et bon de « prendre chez nous » (Jn 19,2) Marie, afin qu’elle continue dans le Temple de nos cœurs, le service du Dieu vivant, auquel elle s’est consacrée dans le Temple de Jérusalem dès sa petite enfance.

C’est une invitation pour nous à accueillir l’exhortation de saint Paul adressée dans notre deuxième lecture : offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint,
capable de plaire à Dieu. « C’est là l’adoration véritable» . Être chrétien, encore plus être prêtre, c’est faire don de soi à Dieu; c’est vivre en communion avec Dieu et en solidarité avec ses frères et sœurs. Ne brisons donc pas l’élan de notre générosité; laissons jaillir en nous l’Esprit!

Dans les litanies, la Vierge Marie est invoquée avec raison sous le titre de « Sedes Sapientiae », « Siège de la Sagesse ». En effet, saint Luc nous la présente
comme une personne réflexive, méditative; à deux reprises, il affirme : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » ( Lc 2, 19; cf. 2,53).
Ainsi, peut-on dire que Marie, à la suite de Ben Sirac le Sage a cherché la sagesse; dans sa prière dans le Temple, elle priait pour la recevoir. Elle nous invite donc à nous mettre à la recherche de la sagesse jusqu’à ce que nous la trouvions. C’est l’œuvre de toute une vie : prier pour l’obtenir, la chercher obstinément, écouter,
étudier et enfin suivre la route de la sagesse, s’attacher à elle et la mettre en pratique. Puissions-nous dire avec le psalmiste : « Mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant » ( Ps 83,4).

Dans notre lecture d’évangile, il y a deux béatitudes. Certes, à la suite de la femme de la foule, nous pouvons appliquer la première béatitude à Marie pour avoir
été la mère charnelle de Jésus : « Heureuse la mère qui t’a porté et qui t’a nourri de son lait! » Elle correspond bien au bonheur éprouvé par Marie, quand elle chante : « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse » ( Lc 1, 48).

Le bonheur et l’honneur d’une femme, ce sont les fils qu’elle a fait naître et qu’elle a nourris. Cette femme du peuple, elle n’est pas abusée par la critique comme
quelques autres, comme les scribes et les pharisiens; elle est subjuguée par la grandeur de Jésus. Il surmonte la domination de Satan; il guérit les malades, il
accomplit des miracles; en somme, il apporte le salut! La gloire du fils couvre la mère de son rayonnement. Oui, heureuse. Il faut dire la mère bienheureuse. Certes. la grandeur de Jésus confère la grandeur à sa mère. Mais cette louange exprimée
par la femme pourrait être mal comprise.

Voilà pourquoi, Jésus attribue de préférence à sa mère la seconde béatitude, parce qu’elle est le modèle par excellence des auditeurs de la parole : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent » Marie est celle qui correspond le mieux à ce que Jésus dit de la bonne terre de la parabole : « Ce qui est tombé dans la bonne terre ce sont ceux qui, ayant entendu la parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance » ( Lc 8, 15).

Ce n’est pas la maternité physique, corporelle, seule, qui pourrait être la raison suffisante pour que la mère de Jésus soit dite heureuse. Il faut dire heureux celui
qui entend la parole de Dieu et qui la garde. Entendre, garder et suivre la parole proclamée par Jésus, c’est la condition pour devenir des disciples, pour vivre en
enfants de Dieu. En ceci, Marie est le modèle par excellence. Apprends-nous, Seigneur Jésus, à « garder les événements dans notre cœur », comme le fit Marie, pour nous laisser enseigner sur le dessein de Dieu sur nousmêmes et sur le monde. L’Eucharistie, c’est l’action de grâce que l’Esprit suscite en nous, comme il la suscita en Marie. Le véritable sacrifice, c’est Dieu qui l’accomplit en nous, en venant bouleverser notre cœur. L’offrande de nous-mêmes à laquelle nous sommes appelés à consentir, à la suite de Marie et de Jésus, ne peut être que l’effet de l’amour divin, c’est-à-dire de l’Esprit, venant éclairer notre vie. Nous ne pouvons que rendre grâce à celui qui nous l’a manifestée. Ainsi devenons-nous vraiment enfants acceptant de recevoir la vie du Père. A cette Eucharistie, l’attitude de Marie nous introduit. Amen!

+ Émilius Goulet, PSS
Archevêque émérite de Saint-Boniface

Solennité de la Présentation de la Vierge Marie au Temple

Mot de conclusion, d’exhortation et de remerciement

Chers confrères,

Permettez-moi de vous adresser la parole pendant quelques minutes. Je le fais au nom des membres du Conseil provincial et en particulier au nom de notre supérieur provincial, M. Jorge Pacheco, PSS.

Il est profondément uni à nous lors de cette rencontre. Il vous salue de tout son coeur. Il nous assure ses prières. Il vous offre / nous offre ses voeux afin que les grâces et la joie de cette fête soient source de communion, de solidarité et de fraternité entre nous, dans notre famille de la province canadienne et dans l’ensemble de la Compagnie.

Sa visite pastorale en Colombie le conduit à rencontrer des confrères, des collaborateurs, des candidats et des aspirants, des séminaristes et des professeurs dans les diverses oeuvres en Colombie confiées aux soins des Sulpiciens : Bogotá, Cúcuta, Pasto, Pereira, Zipaquirá, et aussi Buga, Manizales, Ibagué.

Le père Jean-Jacques Olier, parlant du but et de la signification profonde de la sainte présentation de Notre-Dame au Temple, écrivait :

Lors de cette fête, il s’agit de communier à l’esprit dans lequel la très Sainte Vierge s’en va au Temple, la pureté des intentions et dispositions intérieures dans lesquelles elle se présente à Dieu s’y consacrant inviolablement pour ne jamais interrompre son application à Dieu. Il ajoute :

Il faut en particulier adorer le pur amour et l’étendue de la charité dans laquelle son âme était accrue depuis le saint moment de sa divine conception où elle fit dedans le sacré temple des entrailles de sainte Anne les mêmes voeux et la même offrande qu’elle fait en ce jour qui n’est qu’une ratification solennelle de ce qu’elle avait fait dans le premier moment de sa vie. Elle renouvelle publiquement ses voeux comme en l’Église le Saint-Esprit a inspiré aux âmes […] de renouveler les voeux de Religion […] soit de servir et d’adorer Dieu en la personne de son Fils Jésus-Christ dans l’Église.

L’évènement de la présentation de la Vierge Marie au temple dans ses origines a été un fait de famille, vécu dans la joie et la simplicité, inspiré dans la foi et enraciné dans l’histoire. Il a eu une portée d’espérance et d’ouverture à l’avenir.

Pour nous, aujourd’hui, cette fête est aussi un évènement festif, de famille que nous vivons dans la joie, enracinés dans la foi et inspirés de notre dynamisme communautaire de plus de trois siècles. Cette fête est surtout un cri d’espérance et de confiance vis-à-vis l’avenir.

Avant de conclure, j’ajoute quelques remerciements et une exhortation finale.

Je remercie :

  • Mgr Emilius Goulet, PSS, pour la présidence de l’Eucharistie ;
  • l’économe provincial et le directeur du Séminaire de Saint-Sulpice, ainsi que leurs collaborateurs et collaboratrices pour leur travail ensemble, lors de la préparation et le déroulement de cette belle rencontre de famille ;
  • les membres du personnel et les responsables des divers services : réception, ménage, infirmerie, sacristie, liturgie (l’organiste et le chantre) ; et bien sûr, le personnel de la cuisine et du service à table.

Je remercie enfin chacun des confrères de la Province partout où ils se trouvent… et tout spécialement vous, pour votre présence aujourd’hui, pour votre vie et votre ministère sacerdotal et sulpicien, déployés pendant des décennies dans les diverses missions confiées à chacun ;

Ensemble, nous remercions la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, notre famille, qui nous offre l’occasion de cette rencontre.
Ensemble, nous remercions Dieu Providence et nous remercions la Vierge Marie, Marie de Nazareth, totalement consacrée à Dieu.

Pour terminer, mon exhortation fraternelle :
Faisons mémoire des plus profonds désirs que nous avons eus, quand nous avons écouté et accepté l’appel du Seigneur au sacerdoce, et renouvelons aujourd’hui cet élan…

Évoquons et renouvelons les motivations que nous avons eues quand nous avons été attirés à la vie et au ministère sulpicien.
Que notre but et notre voeu principal soient toujours ceux de servir et d’adorer Dieu en la personne de son Fils bien-aimé Jésus-Christ dans l’Église… le but et le voeu de vivre souverainement pour Dieu en Jésus-Christ, comme le répétait M. Olier, comme la Vierge Marie elle-même l’a vécu depuis sa présentation au Temple.
Bonne et sainte fête !

Jaime Alfonso MORA, PSS
Secrétaire provincial

Prière « Reste avec moi, Seigneur Jésus »

Par saint Padre Pio.

Reste avec moi, Seigneur, car j’ai besoin de te savoir présent pour ne pas t’ oublier. Tu sais avec quelle facilité je t’abandonne.

Reste avec moi, Seigneur, parce que je suis faible et j’ai besoin de ta force pour ne pas tomber si souvent.

Reste avec moi, Seigneur, parce que tu es toute ma vie, et, sans Toi, je suis sans ferveur.

Reste avec moi, Seigneur, parce que tu es ma lumière, et, sans Toi, je suis dans les ténèbres.

Reste avec moi, Seigneur, pour faire connaître ta volonté.

Reste avec moi, Seigneur, pour que puisse entendre ta voix et te suivre.

Reste avec moi, Seigneur, parce que je désire t’aimer davantage et être toujours en ta présence.

Reste avec moi, Seigneur, si tu veux bien que je te sois toujours fidèle.

Reste avec moi, Seigneur, parce que, si pauvre que soit mon âme, elle désire être pour Toi un lieu de consolation, un nid d’amour.

Reste avec moi, Seigneur Jésus, parce qu’il se fait tard et que le jour décline… c’est à dire que la vie passe, la mort, le jugement, l’éternité approchent et il est nécessaire de refaire mes forces pour ne pas m’arrêter en chemin et, pour cela, j’ai besoin de Toi. Il se fait tard et la mort approche. Je crains les ténèbres, les tentations, les sécheresses, les croix, les peines, et combien j’ai besoin de Toi, mon Jésus, dans cette nuit de l’exil.

Reste avec moi, Seigneur, parce que, dans la nuit de cette vie et de ses dangers, j’ai besoin de Toi. Fais que je puisse te reconnaître comme tes disciples à la fraction du pain. Que la communion eucharistique soit la lumière qui dissipe les ténèbres, la force qui me soutienne et l’unique joie de mon coeur.

Reste avec moi, Seigneur, parce qu’à l’heure de la mort, je veux rester uni à Toi, sinon par la communion, du moins par la grâce et l’amour.

Reste avec moi, Seigneur, je ne Te demande pas de consolations divines parce que je ne les mérite pas, mais le don de ta présence, oh ! Oui, je te le demande.

Reste avec moi, Seigneur, car tu as tout ce que je cherche : ton amour, ta grâce, ta volonté, ton Cœur, ton Esprit. Je t’aime et et ne demande pas d’autre récompense que de t’aimer davantage d’un amour ferme et sincère. Je veux t’aimer de tout mon cœur sur la terre, pour continuer à t’aimer parfaitement durant toute l’éternité.

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