Dimanche de Pâques

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Le 5 avril 2026
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Le premier jour de la semaine : Un nouveau commencement

« Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ».

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’étaient encore les ténèbres… ». Pour les premières communautés chrétiennes, l’expression : « le premier jour de la semaine » a pris un sens précis. En effet, elle évoque le moment où les amis de Jésus ont reçu la révélation de son réveil d’entre les morts : le premier jour de la semaine qui a suivi sa crucifixion. Les chrétiens prendront alors l’habitude de célébrer la Résurrection de Jésus le premier jour de chaque semaine. Ce sera le « jour du Seigneur », « dies Domini » ou « dies dominica » en latin ou « dimanche » en français.

La Résurrection est un nouveau commencement. De même que la première phrase de l’évangile de saint Jean : « Au commencement… », évoque le début du livre de la Genèse (Gn 1,1), de même la découverte du tombeau vide au petit matin ressemble à un récit de création. C’est le premier jour de la semaine, il fait encore nuit. Le tombeau est vide. La mort et le chaos n’ont pas eu raison de la vérité. La lumière jaillit comme au premier jour de la création.

Dimanche de Pâques 2026 : L’aurore d’une création nouvelle

Le signe du tombeau vide : Voir avec le cœur

Les évangélistes ne donnent aucune description précise du tombeau. Ce n’est pas leur propos. En revanche, ils insistent pour dire que le premier jour de la semaine, après le sabbat de Pâques, les femmes puis les disciples ont trouvé le vide là où avait été déposé le corps de Jésus. Pour eux ce fut un signe, le signe que Jésus était entré dans une vie autre et neuve, la vie même de Dieu. Il n’y a plus rien à voir avec les yeux. Maintenant, c’est au cœur de voir et de croire.

Il est grand le matin de Pâques ! Non seulement parce que Marie Madeleine s’est mise en chemin le plus tôt possible, mais surtout parce que c’est l’immense matin du jour de la Résurrection qui ne finira jamais plus. Marie Madeleine pense informer d’une disparition manifestée. C’est auprès de Simon-Pierre et l’autre disciple qu’elle se rend ; elle devient ainsi « l’apôtre des Apôtres ».

Trois réactions face à l’inexplicable

Comment réagir devant une tombe vide ? La foi n’est jamais une évidence. Devant l’inexplicable de la Résurrection, chaque croyant peut avoir un cheminement semblable à ceux des premiers disciples :

  • Marie Madeleine : Elle commence par chercher une explication rationnelle : on a volé le corps de Jésus.

  • Pierre : Il constate sans prendre parti tout de suite ; il ne perçoit pas encore le sens des signes qu’il découvre.

  • Jean (le « bien-aimé ») : Il voit le tombeau vide, et cela lui suffit pour croire. Lui qui sera à jamais le chantre de l’amour, a l’intuition de ce qui se passe, avant d’être en face du Ressuscité lui-même.

Le disciple aimé de Jésus « voit et croit ». Et pourtant il n’y a rien à voir : le tombeau est vide ! Que voit-il alors ? Il voit que « d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre morts ». Avec Pâques, la présence de Jésus n’est plus à la portée de nos yeux, mais à la portée de notre confiance éclairée par l’Écriture : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Témoins de la Bonne Nouvelle

En ce temps de Pâques, en un sens, il n’est plus besoin de relire ce qui est désormais « Ancien Testament ». Ce qui s’impose, c’est le sens, jusque-là voilé, de ce passé. C’est cela que les Apôtres vont désormais proclamer dans le monde, auprès des Juifs, mais aussi auprès des païens. Ils sont les témoins, dans le monde, de la Bonne Nouvelle de la Résurrection.

Dans les discours de Pierre et de Paul qui ponctuent le livre des Actes, on perçoit les points forts de la première prédication chrétienne. Après l’évocation de la mise à mort de Jésus par ses adversaires, suit l’affirmation centrale de la foi chrétienne : « Dieu l’a ressuscité ». Les Apôtres sont les témoins chargés d’annoncer à tous ce que Jésus leur donne : rien de moins que le salut de Dieu !

Le Psaume 117 : La fidélité du Seigneur

Le Psaume responsorial célèbre la fidélité permanente du Seigneur. « Ceux qui craignent le Seigneur », c’est-à-dire ceux qui lui font confiance, constatent cette fidélité dans l’histoire d’Israël ou dans leur propre existence. Les chrétiens ont été frappés par des expressions et des images du psaume reprises pour exprimer leur foi, comme l’affirmation : « Non je ne mourrai pas, je vivrai ».

Ce psaume de louange rappelait au Peuple de Dieu tous les dangers dont le Seigneur l’avait tiré. Repris après la Résurrection du Christ, il prend un sens plus riche encore : Jésus, rejeté par les siens, est devenu le fondement de l’univers nouveau.

Vivre en ressuscités dans l’ordinaire

Sous l’influence du bouillonnement d’idées de leur contrée, certains chrétiens de Colosses imaginaient le Christ comme une simple puissance invisible. Saint Paul réagit avec force : le Christ a la première place en toute chose. Comme « premier-né » d’entre les morts, il unit les chrétiens à sa vie : « Vous êtes morts avec le Christ… Vous êtes ressuscités avec le Christ… ». Les baptisés doivent désormais vivre de cette réalité nouvelle et « revêtir le Christ ».

Le rendez-vous en Galilée

« Voici le jour que fit le Seigneur… qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! ». La nouvelle de la résurrection court de génération en génération jusqu’à nous. Il est vraiment ressuscité !

Dimanche de Pâques 2026 : L’aurore d’une création nouvelle

Que pouvons-nous accueillir de l’expérience de Marie Madeleine et des autres femmes ? L’ange leur dit : « Soyez sans crainte, vous cherchez Jésus, il n’est pas ici ». Elles sont renvoyées auprès des disciples en Galilée, le lieu de l’ordinaire. C’est là que tous le verront. C’est dans l’ordinaire de nos jours que le Christ nous rejoint et nous ressuscite :

  • Dans tous les gestes qui apaisent.

  • Dans ce qui redonne confiance et ouvre à la vraie joie.

  • Dans ce qui construit la communion.

La lumière de la Résurrection est discrète, certes, mais elle est sûre : ne la perdons pas de vue !

L’Eucharistie : Signe de la présence du Ressuscité

L’Eucharistie est le signe par excellence du Ressuscité. Nous n’y voyons qu’un peu de pain et de vin, mais nous sommes invités à y reconnaître la mystérieuse présence du Christ. C’est à travers un humble partage dans l’amour que le croyant découvre la réalité glorieuse de Jésus, donné pour tous les êtres humains. Prendre part à ce partage avec foi, c’est entrer dans l’univers nouveau de l’amour éternel, c’est entrer dans la vie de Dieu lui-même.

Amen !

+Émilius Goulet, PSS
Archevêque émérite de Saint-Boniface

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