2e Dimanche du Carême

Le 1er mars 2026

La Transfiguration : lumière et mystère pascal

Poursuivant le chemin pénitentiel, la liturgie nous invite à réfléchir sur l’événement extraordinaire de la Transfiguration sur la montagne, après nous avoir présenté, dimanche dernier, l’Évangile des tentations de Jésus dans le désert.

Considérés ensemble, ces deux épisodes anticipent le mystère pascal : la lutte de Jésus contre le tentateur annonce le grand duel final de la passion, tandis que la lumière de son Corps transfiguré anticipe la gloire de la Résurrection.

D’une part nous voyons Jésus pleinement homme, qui partage avec nous jusqu’à la tentation ; de l’autre nous le contemplons Fils de Dieu, qui divinise notre humanité.

Ainsi, ces deux dimanches servent de piliers sur lesquels repose tout l’édifice du Carême jusqu’à Pâques, et même toute la structure de la vie chrétienne, qui consiste essentiellement dans le dynamisme pascal : de la mort à la vie.

La Transfiguration : lumière et mystère pascal

Un appel à se déplacer : quitter, monter, redescendre

Avec ce 2ème dimanche du Carême, nous sommes invités à nous déplacer, à sortir de notre jardin, celui de notre petite vie bien tranquille.

Les textes bibliques évoquent trois mouvements permanents :

  • quitter son « chez soi »,
  • monter pour découvrir la Lumière,
  • accepter de redescendre vers la vallée (qui peut être une « vallée de larmes »).

Abraham : quitter pour recevoir la bénédiction

C’est ce qui s’est passé pour Abraham (1ère lecture) : il a été appelé à quitter une vie où Dieu est inconnu ; il a marché vers le pays que Dieu lui destinait.

Plus tard, Jésus demandera à ses disciples de tout quitter pour le suivre.

Nous sommes appelés à nous libérer des entraves qui nous tiennent éloignées de Dieu et de la bénédiction qu’il veut répandre sur nous.

Vivre le Carême, c’est sortir de notre vie tranquille, c’est nous nourrir chaque jour de l’Évangile du Christ, c’est suivre le Seigneur sur des chemins que nous n’avions pas prévus.

Le projet de Dieu : grâce et salut dans le Christ

La lettre de saint Paul à Timothée rejoint le texte de la première lecture. Elle nous redit le grand projet de Dieu : déployer la bénédiction confiée à Abraham.

La grande préoccupation de l’apôtre est que l’Évangile soit connu de tous :

« Dieu nous a sauvés. Il nous a donné la grâce dans le Christ Jésus avant tous les siècles… Il fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile ».

La force de Dieu accompagne le missionnaire du Christ.

La montagne : lieu de prière et de rencontre avec Dieu

L’Évangile de la Transfiguration nous montre Jésus qui prend avec lui Pierre, Jacques et Jean.

« Il les emmène à l’écart sur une haute montagne ».

Dans la Bible, la montagne représente la proximité avec Dieu et la rencontre intime avec lui. C’est le lieu de la prière.

Jésus laisse entrevoir la beauté de sa divinité. Lui qui a dit : « Je suis la lumière du monde », laisse transparaître un peu de cette lumière.

Si le Christ nous appelle à lui, c’est pour nous faire contempler les choses du ciel.

La Transfiguration : lumière et mystère pascal

Écouter le Christ dans sa Parole

Être disciple, c’est écouter sa voix et prendre au sérieux ses paroles.

Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, le suivre comme les foules de Palestine. Jésus était un itinérant, un marcheur qui transmettait les enseignements du Père.

Nous l’écoutons dans sa Parole écrite, dans l’Évangile.

Il est important d’en lire un passage chaque jour, surtout pendant le Carême. À travers ces textes, c’est Jésus qui nous parle.

Monter et descendre : prière et mission

Dans l’Évangile de la Transfiguration, deux moments sont significatifs : la montée et la descente.

Nous avons besoin de monter dans le silence pour percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie. Ce rendez-vous avec le Christ ne doit pas être manqué.

Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec le Christ nous pousse à descendre vers les périphéries, vers ceux qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle.

Nous avons écouté la Parole de Dieu ; elle doit grandir en étant donnée aux autres.

C’est cela la vie chrétienne : écouter Jésus et le donner aux autres.

En route vers la transfiguration finale

Tout au long de ce Carême, nous sommes appelés à sortir de notre vie tranquille et à gravir la montagne pour rencontrer le Seigneur.

Ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ».

Nous sommes attirés par l’espérance de la transfiguration finale.

Alors, comme Abraham, mettons-nous en route pour suivre le Seigneur. Que toute notre vie témoigne de l’amour qu’il nous porte.

Avec Marie sur le chemin du Carême

Tournons-nous vers Marie dans la prière.

Nous reconnaissons en elle la créature humaine transfigurée intérieurement par la grâce du Christ.

Laissons-nous conduire par elle pour parcourir avec foi et générosité l’itinéraire du Carême.

+M. Jacques D’Arcy, PSS
Prêtre sulpicien

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