À l’approche de la Passion, l’Église nous invite à contempler le mystère du Juste persécuté. Jésus, Fils unique de Dieu, lumière née de la lumière, marche vers sa Passion non pas comme une victime impuissante, mais comme celui qui connaît le cœur du Père et vient nous révéler son amour. Cette réflexion nous plonge au cœur de ce mystère : la haine des hommes face à la lumière, et la fidélité inébranlable du Christ qui continue d’aimer, de guérir et d’espérer jusqu’au bout.

Dans les derniers mois de la vie publique de Jésus, l’acharnement de ses ennemis est allé croissant, et Jésus a senti se resserrer sur lui l’étau de la compréhension et de la haine. Tout cela allait déboucher sur l’arrestation brutale, le procès et la mort de Jésus. C’est ce que l’Église nous rappelle dès aujourd’hui. En effet, dans les deux textes il est question de la mort du juste.

Dans le livre de la Sagesse, il s’agit d’un homme intègre, fidèle à Dieu, et dont la droiture est comme un reproche perpétuel pour ceux qui renient le Seigneur ou en prennent à leur aise avec sa loi. Et ce juste appelle à son aide le Dieu qu’il sert et qu’il nomme son Père.

le mystère du Juste persécuté. Jésus, Fils unique de Dieu

Dans l’Évangile, le juste menacé n’est autre que Jésus, le propre Fils de Dieu, qui est passé en faisant le bien, en guérissant les hommes, en illuminant les cœurs. Jésus, qui nomme Dieu son Père non pas en un sens large, comme peut le faire tout ami de Dieu, mais en un sens qui n’appartient qu’à lui, puisqu’il est le Fils, de toute éternité, l’unique en qui le Père a mis toute sa complaisance.

« Je ne suis pas venu de moi-même », dit Jésus. « J’ai été envoyé par celui que vous ne connaissez pas, que vous ne reconnaissez pas vraiment comme le Dieu qui sauve, puisque vous contestez son envoyé! » « Moi, je le connais », dit Jésus; « je le connais parce que je viens d’auprès de lui ».

Jésus est le seul qui puisse parler de Dieu et du monde de Dieu comme un voyageur qui raconte, et c’est lui que les hommes doivent écouter. Mais ses adversaires croient tout savoir de lui. Ils croient savoir d’où il est, parce qu’on l’appelle Jésus de Nazareth. Or, avant de venir de Nazareth, Jésus vient de Dieu. C’est là le mystère de sa mission, le mystère de sa personne : « il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ».

Et c’est pour cela qu’il est plus grand que nos limites d’hommes, plus fort que toutes nos faiblesses, plus riche que toutes nos misères.

C’est parce qu’il vient du pays de Dieu que Jésus peut nous parler chaque jour de vie et d’espérance; c’est parce qu’il vient de Dieu même qu’il peut faire de la joie avec toutes nos tristesses, nous redonner le goût de vivre, et nous rendre heureux dans le don de nous-mêmes.

AMEN.

Par M. Jacques D’Arcy, PSS
Vendredi 11 avril
(Sg 2, 1a.12-22 ; Ps 33 ; Jn 7, 1-2.10.14.25-30)

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